Romain Pilliard et Alex Pella se trouvent désormais le long des côtes de l’Amérique du Sud à la latitude de l’Argentine 3 semaines après leur départ. Si les deux marins ont d’ores et déjà un œil sur le Cap Horn qu’ils devraient franchir en début de semaine prochaine, le duo du trimaran de l’économie circulaire a dû composer ces jours-ci avec quelques réparations techniques et déconvenues comme des traces de pétrole sur le bateau, preuve s’il en fallait de la pollution de l’Océan.

« Cette descente de l’Atlantique Sud n’est pas aussi rapide que prévu mais nous offre des moments fabuleux. C’est fou comme en mer, les sentiments, les émotions, les ressentis sont décuplés. On a des périodes d’euphorie, de symbiose totale avec l’Océan, avec le bateau. Je n’ai jamais vécu d’aussi beaux levers et couchers de soleil de toute ma vie. Des couleurs incroyables, c’est presque irréel. On apporte aussi une attention spéciale à un beau surf, à une manœuvre bien effectuée en solitaire pendant que ton équipier dort sereinement. Nos journées sont rythmées par une multitude de petits bonheurs simples.

Et puis, il y a les coups durs aussi, de la même manière, un petit souci peut très vite prendre des proportions plus importantes sur un bateau. On a eu ce week-end une mauvaise suprise sur une drisse de gennaker qui aurait pu rompre. On a réussi à la réparer à temps, à comprendre pourquoi elle s’était usée prématurément, et après un après-midi de matelotage et une belle montée d’Alex en haut du mât (à 30 mètres au-dessus de la mer), nous voilà d’attaque pour la suite !

Par ailleurs, depuis que nous longeons les côtes brésiliennes, nous avons aperçu et senti l’odeur de champs de plateformes pétrolières, c’est impressionnant ! Et ce matin, je découvre qu’on a dû passer dans une nappe entière de pétrole car il y en a partout sur le flotteur bâbord, l’étrave tribord et sur la poutre arrière. Ça me rend fou ! Au-delà d’établir un temps de réference sur ce parcours, nous sommes aussi là pour témoigner de la beauté de l’Océan, pour constater cette pollution omniprésente et pour faire prendre conscience de l’urgence de protéger cet Océan. » Raconte Romain Pilliard.

Prochaine étape de ce Tour du Monde à l’Envers et pas des moindres : le mythique Cap Horn ! Christian Dumard, météorologue et routeur du Team Use It Again! observe et analyse depuis plusieurs jours les différents modèles météo pour permettre à l’équipage de le franchir dans les meilleures conditions. Et pour l’heure, le moins que l’on puisse dire, c’est que cela s’annonce compliqué. À suivre…