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Erik Maris, le propriétaire qui barre comme les pros, ou presque

Seul représentant français sur le GC32 Racing Tour mais également présent cette année sur le nouveau TF35 Trophy, le team Zoulou est mené depuis maintenant plus de quinze ans par un propriétaire/barreur discret, Erik Maris. Tip & Shaft s’est intéressé au parcours de ce banquier d’affaires de 57 ans.

Retrouver Erik Maris à la barre de bateaux aussi techniques que le GC32 ou le TF35 n’a rien d’un hasard. S’il a un temps mis la voile entre parenthèses pour se consacrer à son métier de banquier d’affaires – une des stars du milieu, il est passé par Morgan Stanley et Lazard, avant de créer avec Jean-Marie Messier la banque Messier Maris & Associés, qu’il a quittée en 2020 –, il a eu une première vie de navigant. « Je suis originaire de Granville, mon père m’a mis sur un Optimist avant même que je ne sache nager, raconte-t-il à Tip & Shaft. Au début, j’ai surtout couru en Manche, dans les classiques du Rorc et du coin, puis j’ai fait le Tour de France à la voile avec l’équipe d’Angers, l’Admiral’s Cup en 1987 avec CGI. Ensuite, je me suis mis à travailler et j’ai arrêté la course pendant une bonne quinzaine d’années. »

Fin 2002, il décide de renouer avec la compétition en faisant l’acquisition d’un Swan 45 : « Je voulais faire un peu de régate, j’ai donc demandé à l’importateur pour la France, Jean-Marie Vidal, s’il connaissait du monde, il m’a envoyé Jean-Sébastien Ponce et Thierry Fouchier, depuis, on ne s’est plus vraiment quittés. » Effectivement, le premier, qui navigue à l’époque sur différents circuits (Mumm 30 avec Virbac, Orma avec Belgacom), est aujourd’hui team manager de Zoulou sur les deux circuits GC32 et TF35. Le second, à l’époque lui aussi sur le circuit Orma aux côtés de Franck Cammas, a quasiment toujours été le régleur de grand-voile des équipages d’Erik Maris.

A peine lancé en Swan 45 (champion d’Europe en 2003), ce dernier décide rapidement de changer de braquet : « Six mois après avoir acheté le Swan, il m’a demandé si on ne pouvait pas faire quelque chose de plus vivant et rapide, je lui ai parlé du Farr 40, un circuit sur lequel il y avait vraiment un gros niveau avec les meilleurs tacticiens et régleurs de la planète. On en a fait jusqu’en 2008 et il a pu beaucoup progresser à la barre, c’était un peu du niveau des 52 Super Series d’aujourd’hui, des régates sur lesquelles il faut être précis sur les « target », les angles, les VMG », raconte Jean-Sébastien Ponce. L’équipage, qui comprendra également les frères Mourniac et Bruno Jeanjean, navigue aussi en Mumm 30 (champion du monde en 2006 à Miami) et en Open 7.50. Avant la découverte du multicoque en 2008, qui va marquer un vrai tournant dans le parcours d’Erik Maris.

« Plus de retour en arrière possible »

« J’ai loué à Ernesto Bertarelli un de ses Extreme 40, car il y avait une épreuve à Hyères [comptant pour la iShares Cup, le circuit des Extreme 40, NDLR]. Je n’avais jamais vraiment fait de multicoque, ça m’a tout de suite plu, et le problème de ces machines, c’est qu’une fois que vous y avez gouté, il n’y a plus de retour en arrière possible. »

Le Normand rachète le bateau à Alinghi pour s’aligner de 2009 à 2012 sur le circuit des Extreme 40 ; il passe également par le D35 en 2010 – « Je n’ai pas trouvé le bateau très drôle » -, avant de s’essayer en 2012 à un nouveau catamaran volant, qu’il adopte aussitôt, le GC32. Dont il dit : « Il est vraiment fantastique, hyper puissant, la brutalité et la vitesse sont assez dingues. Et, objectivement, ce n’est pas très cher à faire fonctionner, j’ai du mal à comprendre qu’il n’y ait pas plus de propriétaires qui plongent. »

Lui a replongé depuis 2017 en intégrant le GC32 Racing Tour, après une pause de quelques années consacrée notamment à son autre passion, la course automobile. Il a ainsi participé à six reprises aux 24 Heures du Mans et a notamment piloté pour l’écurie Idec Sport Racing, créée par le patron d’Idec, Patrice Lafargue – « un très bon ami »  -, sponsor depuis presque 20 ans de Francis Joyon.

Impliqué dans les projets français de Coupe de l’America

Lors de cette pause, Erik Maris prête son GC32 à Groupama Team France pour permettre à l’équipe de Franck Cammas de s’entraîner en vue de la Coupe de l’America, une compétition dans laquelle le banquier d’affaires a toujours été plus ou moins impliqué. « J’ai essayé d’aider comme j’ai pu les différentes générations de projet français ces quinze dernières années, de Stéphane Kandler, à Loïck et Bruno Peyron, en passant par Aleph et Groupama Team France », confirme-t-il.

« Erik était membre de l’association Team France en 2014, c’était à l’époque un nom qui était sorti de façon évidente, quasiment le seul skipper/propriétaire français, raconte Franck Cammas. Il avait bien sûr un carnet d’adresses pour nous ouvrir des portes, il nous a aussi aidés à mettre de l’huile dans les rouages de certains dossiers. Comme il connaissait bien l’univers de la voile de compétition, il n’y avait pas besoin de lui expliquer très longtemps les leviers de la performance, il n’y a pas beaucoup de profils comme lui en France. »

Depuis 2017, Erik Maris a donc repris la barre du GC32 Zoulou, avec une équipe composée en partie de celle qui a défendu les couleurs de Groupama Team France aux Bermudes : en plus de Thierry Fouchier, on y retrouve Thomas Le Breton et Nicolas Heintz, mais aussi Bruno Mourniac, qui faisait partie de Team France Jeune. L’équipage a terminé 6e du GC32 Racing Tour en 2017, 3e en 2018, 4e en 2019. Ce qui fait dire à Franck Cammas : « On peut presque considérer Erik comme un skipper professionnel au regard de sa manière de se préparer, même si c’est son loisir, il ne fait pas ça en dilettante. »

« A Lagos dans 25 noeuds, je me suis dit
qu’il allait bientôt falloir songer à arrêter »

Ce que confirme Loïck Peyron, qui a fait partie de l’équipage de Zoulou en Extreme 40 : « On trouve pas mal de profils identiques en Suisse, mais il y en a peu qui, comme Erik, savent barrer ces engins de plus en plus complexes. Aujourd’hui, il a une sacrée bouteille et un vrai talent, il a su s’entourer d’une bande de fidèles, il aime le pilotage et le fait très bien. » Organisateur du GC32 Racing Tour, Christian Scherrer ajoute : « Depuis 2017, Erik a vraiment une belle courbe de progression. C’est une performance en soi de barrer un tel bateau à son âge, d’autant qu’il a un « vrai job » à côté, il ne passe pas le reste de son temps à faire de la muscu ou à naviguer sur d’autres bateaux. »

Pour Jean-Sébastien Ponce, « ce n’est pas évident de passer du jour au lendemain de la banque au rôle de barreur d’un bateau qui va à 35-40 nœuds. Tout le monde n’est pas capable de piloter un tel bateau, c’est d’ailleurs ce qui fait un peu peur à certains. J’essaie de rameuter des gens qui font du Swan 50, c’est difficile, si tu pars au tas en Swan 50, ce n’est pas très grave ; en GC32, tu chavires et ça peut être plus grave. » Ce qui était d’ailleurs arrivé en 2017 en Corse à Zoulou et fait dire au team manager : « Quand il y a trop de vent, on est un peu le pied sur le frein, on a toujours en tête le petit traumatisme du chavirage. »

Erik Maris, qui œuvre aujourd’hui en tant qu’investisseur, notamment pour le fonds Advent, a ajouté cette année un circuit à son programme, le TF35 Trophy : « Quand le projet est né, Ernesto (Bertarelli) m’en a parlé, j’ai trouvé le bateau magnifique, l’idée intéressante et j’en ai pris un. C’est une autre dimension en termes de sophistication. Même si les chiffres ne le disent pas, c’est beaucoup plus gros et ça demande une organisation plus complexe. Le gros plus, c’est que le bateau vole au près, quand on arrivera complètement à s’en servir, on fera des régates complètes sans poser les coques. »

A 57 ans, l’intéressé ne s’imagine plus naviguer autrement qu’en mode volant, confiant cependant : « Avec 18 nœuds, ça va, je me sens encore capable de continuer ; mais à Lagos fin juin, avec 25 nœuds de vent, je me suis dit qu’il allait bientôt falloir songer à arrêter. Maintenant, il faut que ces circuits se renouvellent pour continuer à attirer suffisamment de bateaux, sinon, ils mourront. Il faut par exemple faire évoluer le GC32 pour le faire voler au près, lui redonner un petit coup de jeunesse. »

Entre GC32 et TF35, combien lui coûte sa passion pour le vol ? « Honnêtement, je ne sais pas. Je me dis que le jour où je commencerai à compter, ça voudra dire qu’il faudra que j’arrête. Mais disons que je me donne les moyens et le temps d’y arriver. »

Photo : Sailing Energy/GC32 Racing Tour 2021

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samedi 31 juillet 2021

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