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Billy Besson : « Je vais passer en mode attaque »

15e des championnats du monde de Nacra 17 en décembre à Auckland, Billy Besson et Marie Riou ont appris début janvier qu’ils ne participeraient pas aux Jeux olympiques de Tokyo, la Fédération leur ayant préféré Quentin Delapierre et Manon Audinet. « Une déception » pour le Tahitien qui a cependant vite tourné la page, concentré sur la deuxième saison de SailGP, avec des objectifs à la hausse et une équipe française remaniée. Il s’en explique à Tip & Shaft.

Quel bilan as-tu dressé des championnats du monde d’Auckland ?
Le bilan est très simple : on est passés à côté de notre régate. On finit deuxièmes des Oceania Championships juste avant, et là, on fait une place de quinze. C’est la loi du sport : parfois on gagne, parfois on perd ; là, c’est bien perdu…

Penses-tu que le fait d’avoir entamé tard cette campagne et d’avoir cumulé Nacra 17 et Sail GP a pu jouer ?
Non, je ne pense pas. C’est difficile pour moi de donner des explications particulières. Si nous n’avions pas été suffisamment préparés, nous n’aurions pas terminé deuxièmes à la régate d’avant, c’est juste que nous sommes passés à travers, ça arrive parfois.

Quel est le sentiment à l’arrivée de passer à côté de l’objectif olympique ?
C’est bien sûr une grosse déception, mais ça fait partie de la vie d’un sportif et même de la vie normale. C’est comme si je travaillais dans une grosse entreprise et que j’avais raté le deal du siècle, mais je n’ai aucun regret et la page est déjà bien tournée.

Comment avez-vous appris votre non-sélection ?
Là-dessus, je trouve que la Fédé a été un peu maladroite. Ils auraient pu annoncer la décision juste après les Mondiaux, et en fait, ils ont voulu le faire un mois après, alors qu’on était en entraînement au Portugal. Avec Marie, on y est allés, on a monté le bateau, on a navigué deux jours, on a appris la décision, et là, on a démonté le bateau et on est rentrés. Ce n’était ni très sport ni très « fair » de procéder comme ça, ce point a été un peu particulier. Après, c’est leur politique et c’est du passé.

As-tu tout de même un sentiment d’inachevé, dans le sens où vous aviez à cœur d’effacer la déception de Rio en 2016 (6e, Billy Besson était blessé au dos) ?
Non, pas du tout.

La page de l’olympisme est-elle tournée pour toi ?
Je ne crois pas que je repartirais sur une préparation olympique, mais on ne connaît jamais les deux bouts de sa vie et je préfère ne pas donner de réponse définitive aujourd’hui.

Ce que tu connais, c’est la suite de la saison, avec SailGP, quel bilan as-tu fait de la première saison de l’équipe française ?
Pour moi, il est assez positif, dans le sens où le but, pour nous, était d’installer l’équipe, d’exister. Nous savions très bien que nous n’allions pas gagner d’entrée, parce que certains pratiquaient ce bateau depuis pas mal d’années, mais nous avons appris beaucoup de choses. Techniquement, cela a été assez difficile de progresser dans le sens où nous n’avons jamais eu les mêmes conditions d’une régate à l’autre, de 25 nœuds bien tassés à Cowes à de la pétole à Sydney et sur certaines régates à Marseille. Mais cela nous a permis de découvrir tout l’éventail du bateau.

Qu’as-tu pensé du niveau du circuit ? Et penses-tu que vous pouvez combler votre retard par rapport aux équipes japonaise et australienne qui ont dominé cette première saison ?
J’ai l’impression d’avoir participé à des bagarres de chiffonniers puissance dix ! Il ne suffit pas de rien lâcher, il faut faire le moins d’erreurs possible, ce qui demande beaucoup de concentration à chacun des équipiers. Après, je pense que cette première année a permis à tous les équipages d’avoir suffisamment d’heures de vol pour pouvoir davantage y aller sur la seconde. La saison dernière était plus une année de découverte, avec forcément un peu d’appréhension du support ; sur la seconde, il n’y en aura plus et on va retrouver une bande de morts de faim. Et depuis le début de l’année, on fait beaucoup de simulateur pour continuer à progresser.

Ça se passe comment une session de simulateur ?
C’est assez bluffant, ça permet de travailler dans des conditions proches de la réalité, on travaille à trois, avec le barreur, le régleur de vol et le régleur d’aile, on choisit à chaque fois ses conditions, telle force de vent, tel état de mer… Tu peux même te mesurer avec les autres en choisissant les mêmes parcours et conditions qu’eux lorsqu’ils sont venus s’entraîner sur le simulateur. C’est très complet. En général, on fait des sessions de deux jours, parce qu’au-delà, tu as une grosse perte de concentration, les écrans pompent pas mal d’énergie. On rentre dans le simulateur à 9h on en sort à 17h30. Après c’est direction la salle de muscu et on va se coucher, c’est plus fatigant que dans la réalité !

Parlons des changements dans l’équipe : le premier concerne Bruno Dubois, nommé team manager, comment s’est prise cette décision ?
C’est Russell Coutts qui a contacté Bruno avec l’objectif d’aider l’équipe à se développer, notamment d’un point de vue commercial. C’est vraiment l’homme de la situation, il a managé beaucoup d’équipes, il était avec les Chinois l’année dernière, c’est un plus pour l’équipe.

Les autres changements concernent le sportif, avec le remplacement au réglage du vol de Marie Riou par François Morvan, pourquoi ?
C’est ma décision, mûrement réfléchie. François était déjà avec nous l’année dernière, il nous avait vachement aidés sur les problématiques de cohésion de la cellule arrière, il connaît bien le poste et le multicoque en général, il n’arrive pas par hasard. On verra si les résultats me donneront raison ou pas, mais le but cette année est vraiment de performer, d’aller chercher des places de premier et des podiums, j’essaie de ne rien laisser au hasard, ça passe par ces changements qui concernent aussi d’autres personnes. Après, j’ai expliqué à Marie les raisons, je pense qu’elle comprend ma position et ma décision, il n’y a aucune animosité entre nous, on est très respectueux l’un envers l’autre et on restera amis (voir la réaction de cette dernière dans cette interview à Ouest-France).

Et le changement d’entraîneur (Thierry Douillard remplace Franck Citeau et Stevie Morrison) ?
C’est la même chose, c’est une décision que j’ai prise, le but est d’aller de l’avant et j’espère que ça se passera bien avec Thierry. On se connaît depuis assez longtemps, c’est quelqu’un qui a travaillé sur beaucoup de projets, notamment la Coupe de l’America, et sur les aspects technologiques, il a beaucoup évolué dans le milieu anglo-saxon, ça va nous faciliter les choses. Et je trouve qu’il a une super âme de coach, avec une manière de voir proche de la mienne, je pense que ça va bien matcher entre nous, il fait partie du haut du panier pour ce genre de poste.

Quel objectif sportif te fixes-tu cette année ?
L’objectif, c’est le podium à la fin de la saison. Pour moi, ça ne sera pas plus de pression, mais beaucoup plus de prise de risques. J’annonce que je vais y aller, je vais passer en mode attaque ! L’année dernière, nous avons rencontré des difficultés, deux blessures chez nos grinders qui ont dû être remplacés, pas mal de changements techniques qui nous ont contraints à sans cesse nous adapter, en passant notamment d’un joystick à une roulette pour le « flight control » ; cette année, il n’y aura pas autant de changements et je pense qu’aujourd’hui, nous sommes vraiment tous en confiance sur le bateau.

L’un des gros enjeux de la saison est commercial, à savoir qu’il faut trouver des partenaires pour que l’équipe s’auto-finance (voir notre article) : la pression est-elle plus importante ?
Elle existait déjà l’année dernière. L’objectif prioritaire était de faire connaître SailGP au grand public, je pense que sur cet aspect, cela a été réussi, nous avons bien communiqué. Maintenant, le but est en effet de commercialiser tout ça, ce qui va faire partie des missions de Bruno.

Et penses-tu que ce soit possible avec une concurrence commerciale assez forte en France et la prédominance de la course au large ?
Oui, ce n’est pas du tout le même produit, je pense qu’ils n’entrent pas en concurrence. SailGP est une autre voile, une voile-spectacle, qui vient compléter l’offre en France, où on fait souvent soit du large, soit de l’olympisme.

Justement, tu ne feras pas les Jeux cette année, as-tu prévu de refaire un peu de large ?
Pour l’instant, je suis à 100% SailGP, je veux être le mieux préparé possible pour atteindre les objectifs. Le large, j’espère que je pourrai y retoucher, mais aujourd’hui, il n’y a rien de prévu.

Photo : Eloi Stichelbaut/France SailGP Team

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