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L'actualité voile d'AGP Course au large

Une sélection des meilleurs magazines voile et course au large pour vous tenir informés en permanence de l'actualité de la régate et du nautisme

Jérémie Beyou-Christopher Pratt, un binôme à point !

L’heure du départ a sonné ! Ce jeudi, Jérémie Beyou et Christopher Pratt quitteront Lorient pour Le Havre, d’où sera donné le 27 octobre le départ de la Transat Jacques Vabre. Les deux marins, qui ont beaucoup navigué cette année sur l’IMOCA Charal, se sentent fin prêts pour aborder le grand rendez-vous de la saison.

Un dernier stage à Port-la-Forêt la semaine dernière, dans des conditions automnales qu’ils risquent de retrouver au moment de quitter Le Havre le 27 octobre, a permis à Jérémie Beyou et Christopher Pratt d’en finir quasiment avec leur préparation sur l’eau de la Transat Jacques Vabre, leur grand objectif de l’année. Une préparation qui, selon Jérémie, « a coché toutes les cases » : « Nous sommes vraiment dans les clous du programme initial : sereins avec le bateau, en termes de performances, de manœuvres et de fiabilité, mais aussi d’un point de vue logistique et au niveau de la préparation physique. Nous partons rassurés au Havre et confortés par nos deux victoires sur la Rolex Fastnet Race et le Défi Azimut. »

Les dernières navigations de septembre ont permis au binôme d’affiner ses derniers réglages, comme le confirme Christopher Pratt :

« L’objectif de la préparation était en priorité d’apprendre de l’IMOCA Charal, parce que sur ces bateaux très technologiques, tu n’arrêtes jamais de découvrir de nouveaux réglages qui, une fois intégrés, deviennent des automa-tismes. Pour ce qui est de notre duo avec Jérémie, cela fait plusieurs années que nous naviguons ensemble, nous nous connaissons donc très bien, mais le fait lors des dernières semaines de naviguer en stage, où tu te mets en configuration de course, mais aussi sur le Fastnet puis sur le Défi Azimut, nous a permis de continuer à mettre de l’intensité, si bien qu’aujourd’hui, nous arrivons à faire les choses de manière encore plus sereine et plus fluide. »

Les deux hommes se sont accordé quatre jours de repos de samedi à mardi, afin de bien recharger les batteries avant cette Transat Jacques Vabre, sur laquelle ils seront considérés comme faisant partie des favoris. Ce que Jérémie Beyou ne nie pas : « C’est sûr que compte tenu de cette préparation quasi-parfaite et des résultats obtenus, on ne peut pas dire autre chose que notre objectif est de gagner, on ne nous croirait pas si on affirmait le contraire. Mais on connaît la complexité de la tâche. Pour gagner, il faut réunir au même moment tous les ingrédients : les bonnes stratégies, beaucoup d’intensité, aucun souci technique et toujours une petite part de réussite. Et il ne faut surtout pas négliger nos concurrents qui marchent aussi très bien, nous ne sommes pas les seuls à nourrir cette ambition de victoire. »

Il reste désormais une grosse dizaine de jours, dont un convoyage, au duo pour peaufiner les ultimes détails, Jérémie et Christopher ayant prévu de rester au Havre de l’ouverture du village, le samedi 19 octobre, jusqu’au départ, le dimanche 27.

« Le programme sera d’abord de participer au e-prologue le samedi, je pense que je viendrai avec mon fils Achille, il peut gagner, sourit Jérémie. Ensuite, les priorités lors de notre séjour au Havre, où notre coach sportif Stéphane Eliot nous rejoindra, seront de continuer à faire du sport tous les jours, pour éviter de se faire surprendre par l’intensité du début de course, de bien dormir, de préparer la météo et bien sûr de partager des moments forts avec tous les collaborateurs de Charal qui viendront au Havre nous supporter ». Après quoi, ce sera aux deux skippers de jouer…

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Le Havre fête la Transat Jacques Vabre, 60 équipages au départ le dimanche 27 octobre - Programme

Du 18 au 27 octobre 2019, la Ville du Havre accueille la quatorzième édition de la Transat Jacques Vabre. Au programme : des IMOCA, des Multi50 et des Class40, des skippers et dix jours d’animations autour du village.

Le Havre fête la Transat Jacques Vabre

Crédit : JM Liot

60 bateaux au départ

60 équipages seront au départ de la course à bord de 30 IMOCAS (dont 6 de toute dernière génération), 27 Class 40 et 3 Multi50. La ville va vivre au rythme de la préparation des skippers avant le grand départ pour Salvador de Bahia au Brésil le dimanche 27 octobre.

Nombreuses animations au Havre

Le village proposera diverses animations : une initiation aux sports brésiliens, un feu d'artifice, un prologue avec les skippers, un escape Game sur mesure créé pour la Transat Jacques Vabre et proposé à bord du bateau-phare, des visites étonnantes des coulisses de la Transat...

Il est également possible de participer à la composition d'une immense fresque consacrée aux mondes marins ou tester votre prose à l'occasion du grand concours de poésie intitulé "une bouteille à la mer". Les plus beaux vers seront chaque jour diffusés sur les écrans géants et les murs du village ainsi que dans Le Havre Presse et sur les réseaux sociaux. Plusieurs poèmes prendront même la mer le jour du départ sur les coques des IMOCA.

Transat Jacques Vabre - Programme non exhaustif au Havre :


Vendredi 18 octobre
- 10H - 12H ; 14H - 16H : Nautiquement Vôtre ! Initiation au fonctionnement des marées, courants marins, langage morse et sciences météorologiques (Tous les jours sauf le week-end). Tente Ville du Havre - Quai de Marseille ;
- 10H - 18H : Fresque collaborative Teuthis. Fresque participative aux côtés du street artist havrais Teuthis. Quai de la Réunion ;
- 10H - 18H : Une Bouteille à la Mer. Concours de poésie participatif sur la thématique un océan à protéger. Tente Ville du Havre - Quai de Marseille ;
- 10H - 20H : Traversée du bassin Paul Vatine en tyrolienne. Stand Charal - Quai de la Martinique ;
- 10H - 20H : Visite d’un Imoca. Stand Initiatives Coeur - Quai de la Réunion ;
- 10H50 : Comme un seul homme. Participant pour la première fois au Vendée Globe, le tour du monde à la voile en solitaire, sans assistance et sans escale, Éric Bellion s’est filmé pendant ses 99 jours de course. Cinéma Gaumont - Les Docks Vauban ;
- 14H - 18H : Initiation aux sports traditionnels brésiliens (Pétéca, frescobol, capoeira…). Découverte et initiations aux sports brésiliens traditionnels. Tente Ville du Havre - Quai de Marseille ;
- 16H - 18H : Radio Transat. Retours avec l’animateur Serge Herbin sur les participants, la course et les événements. Pavillon officiel - Quai de la Martinique ;

Samedi 19 octobre
- 10H - 17H : Baptêmes nautiques. Du samedi 19 octobre 14h, au samedi 26 octobre 12h. Bassin de l’Eure - Quai de Marseille ;
- 11H : inauguration du village Transat Jacques Vabre Normandie-Le Havre ;
- 12H30 : Baptême V&B. Ponton d’honneur - Quai de la Martinique ;
- 13H30 – 15H – 16H30 : Les Déferlantes. Visites contées des coulisses et de l’histoire de la Transat Jacques Vabre Normandie - Le Havre par la compagnie Touches d’Histoire. Quai de la Réunion - devant la fresque Teuthis ;
- 14H - 17H : Transat Escape Game. Découverte du Bateau Feu au travers d’un Escape Game. Bateau Feu - Bassin de l’Eure ;
- 14H30 - 17H30 : E-Prologue, cette année, les skippers se challengent sur la scène du Pavillon Officiel. Quai de la Martinique via le jeu en ligne Virtual Regatta - Pavillon Officiel ;

Dimanche 20 octobre
- 16H - 18H : Radio Transat. Retours avec l’animateur Serge Herbin sur les participants, la course et les événements. Pavillon officiel - Quai de la Martinique ;

Lundi 21 octobre
- 10H - 12H : Atelier d'aide à l'écriture dans le cadre du concours de poésie une bouteille à la mer. Tente Ville du Havre - Quai de Marseille ;
- 16H - 18H : Radio Transat. Retours avec l’animateur Serge Herbin sur les participants, la course et les événements. Pavillon officiel - Quai de la Martinique ;


Mardi 22 octobre
- 14H - 15H : Baptême vers un monde sans Sida. Ponton d’honneur - Quai de la Martinique ;


Mercredi 23 octobre
- 9H30 - 11H30 : Skip’ on running ! LH en Forme propose un moment privilégié et sportif entre visiteurs et skippers autour d’un jogging matinal. Rendez-vous devant la tente Ville du Havre - Quai de Marseille ;


Jeudi 24 octobre
- 10H - 17H : Baptêmes nautiques. Du samedi 19 octobre 14h, au samedi 26 octobre 12h. Bassin de l’Eure - Quai de Marseille ;
- 14H - 17H : Transat Escape Game. Découverte du Bateau Feu au travers d’un Escape Game. Bateau Feu - Bassin de l’Eure ;


Vendredi 25 octobre
- 11H-12H : Baptême du bateau Crédit Mutuel. Ponton d’honneur - Quai de la Martinique ;
- 18H30 - 19H30 : Baptême du bateau Advens For Cybersecurity. Ponton d’honneur - Quai de la Martinique ;


Samedi 26 octobre
- 11H - 13H : Baptême Primonial. Ponton d’honneur – Quai de la Martinique ;
- 14H - 15H30 : Baptême Time For Ocean. Ponton d’honneur – Quai de la Martinique ;
- 17H - 19H : Rencontre avec les Ambassadeurs sportifs Le Havre Seine Métropole, Jérémie MION (Voile), Valentin SIPAN (Voile). Tente Le Havre Seine Métropole - Quai des Antilles ;
- 20H : Feu d'artifice. Bassin Paul Vatine et Bassin de l’Eure ;

Dimanche 27 octobre
- 08H - 10H : Sortie des bateaux. Bassin Paul Vatine ;
- 13H15 : Départ.

Source : Le Havre

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Valentin Bovey s’impose lors de la finale de la Top Voiles Cup

Les conditions n’ont pas été idéales pour cette régate de clôture, et les concurrents ont dû composer avec des airs assez capricieux. Et si la Vaudaire était présente, elle ne s’est jamais véritablement posée durablement sur le plan d’eau. Le comité de course n’a pas eu la tâche facile, mais a quand même réussi à terminer trois courses au terme de la rencontre.

Samedi, deux manches ont pu être disputées après trois départs sanctionnés par des rappels généraux. La première manche a été la seule qui a été courue de bout en bout, avec deux montées au près, et deux descentes sous spi. La deuxième régate a été réduite à un seul tour. Et l’unique course disputée dimanche a également dû être raccourcie, faute d’airs suffisamment stables.

La finale a été remportée par Scorpio – SOS Oxygen mené par Valentin Bovey. Le barreur, plutôt habitué des catamarans M2 sur lesquels il navigue généralement, réalise un joli score sur le week-end. Troisième, premier puis deuxième, le vainqueur n’a fait aucune course en dehors du podium, démontrant une belle domination de la flotte. « Il n’y avait pas trop de vent, deux des trois courses ont été raccourcies. Ça n’a pas été facile, a-t-il confié. Nous sommes quatre copains et avons l’habitude de naviguer ensemble, mais pas en Surprise. Il a fallu prendre nos marques, et nous avons fait des choses simples en essayant de bien partir, d’aller vite au bon endroit. Ça a été payant ! »

Moi non plus, mené par Emmanuel Müller, un grand habitué des podiums dans la série, termine deuxième, avec une contre-performance sur la deuxième course.

Fou du Vent, mené par le prometeur Victor Casas, membre du CER et barreur du D35 Cabestan, complète le podium, a un point du deuxième.

Dernière manche d’un circuit de huit rencontres, ce critérium de Morges qui a réuni une belle flotte pour conclure, vient boucler la Top Voiles Cup 2019. Le classement de la saison sera communiqué dans les prochains jours à l’occasion d’un événement dédié.

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Jean Le Cam : « On a tout pour plaire à un sponsor »

A 60 ans, Jean Le Cam prendra le 27 octobre le départ de sa septième Transat Jacques Vabre à bord de Corum L’Epargne, son plan Farr vainqueur du Vendée Globe 2008, aux côtés de Nicolas Trousel. Dans la foulée, le « Roi Jean » espère trouver un partenaire pour l’accompagner sur un cinquième Vendée Globe de suite, il s’en ouvre à Tip & Shaft.

Comment t’es-tu préparé pour la Transat Jacques Vabre ?
Nous avons commencé par nous qualifier avec Nicolas à l’occasion du tour de l’Europe que j’ai fait entre Port-la-Forêt et Gênes, une opération que nous avions montée pour La famille Ibis avec le groupe Accor, l’objectif était d’aller à la rencontre des gens de l’hôtellerie en Europe. Nous avons commencé par Gênes et nous avons terminé à Calais. On n’a donc pas arrêté de naviguer pendant trois mois, parfois avec Nicolas, parfois avec mon équipe. Nous avons ensuite eu un petit chantier en août, et, depuis, nous finissons de nous préparer à Port-la-Forêt pour peaufiner les réglages.

Ton bateau a-t-il subi des modifications depuis le dernier Vendée Globe ?
Peu. Les modifications plus importantes sont prévues l’hiver prochain en vue du Vendée Globe. Nous avons changé le gréement et nous avons des voiles neuves, nous avons joué un peu sur les volumes et fait un peu d’optimisation en mettant un peu plus de quête.

Quelles sont les modifications prévues l’hiver prochain ?
Nous avons prévu de changer la bôme, qui est lourde, et les dérives, de modifier l’agencement des ballasts en passant à la nouvelle jauge, ce qui veut dire que nous allons avoir des ballasts moins volumineux et plus à l’extérieur, c’est le chantier que nous avons fait l’hiver dernier sur Apicil.

As-tu un moment envisagé de mettre des foils sur ton bateau ?
Un moment, on s’est posé la question, oui, mais ça n’a pas duré longtemps. D’abord parce qu’il y avait une question de moyens que je n’avais pas, ensuite parce que je me suis dit que quitte à avoir des foils, autant faire un nouveau bateau qui serait prévu pour. Vu que la priorité est vraiment de monter un projet pour terminer le Vendée Globe avec un budget raisonnable, on n’avait pas envie d’augmenter le niveau de risques et d’incertitudes en se lançant dans des foils.

Comment s’est décidée la collaboration avec Nico Troussel ?
Il avait son bateau en construction cette année, donc il fallait qu’il navigue sur un 60 pieds pour continuer à apprendre à connaître ce qu’était un Imoca; moi, je n’avais pas prévu de faire la Transat Jacques Vabre, parce que je n’avais pas de partenaire. Du coup, ça a été une collaboration naturelle entre un marin qui avait un sponsor et pas de bateau et un autre qui n’avait pas de sponsor mais un bateau. On n’avait jamais navigué ensemble, mais c’est un vrai plaisir, Nico est un mec clair, honnête, et qui sait ce qu’il veut, c’est parfait ! C’est quand même un double vainqueur du Figaro, c’est une valeur sûre. Lui regarde ce que je fais sur le bateau, mes automatismes, ma façon de naviguer et de régler, et moi j’apprends aussi d’autres choses de lui, tout ce qui est logiciels, réglages de voiles, on compare nos façons de faire et on se tire vers le haut.

As-tu collaboré d’une façon ou d’une autre à la conception ou à la construction de son futur Corum, plan Kouyoumdjian attendu début janvier ?
Non, pas vraiment, c’est Michel Desjoyeaux qui est en charge du dossier technique du prochain bateau, moi, je reste à ma place. Après, le temps des navigations, on discute forcément avec Nicolas, des foils, des choix de matériel… Par exemple, le pilote qu’on a sur le bateau en ce moment sera le même qu’il aura sur le sien, donc on essaie de valider les réglages pour lui faire gagner du temps, parce qu’il aura une mise à l’eau assez tardive.

Qu’allez-vous chercher sur la Transat Jacques Vabre ?
Chacun va chercher sa compétition là où il a les moyens, nous, notre compétition se situera avec les bateaux à dérives, comme Apicil ou Banque Populaire. Pour ce qui est des foilers de génération 2015, au reaching et mer plate, il n’y a pas photo, on ne peut pas lutter, après, dans des conditions de petit temps, ou au près et au portant dans la brise, il n’y a pas de grosses différences, donc ça va être intéressant de voir comment on va se comporter sur la Jacques Vabre.

Que penses-tu un peu de la nouvelle génération de foilers ? Si tu devais en dessiner un aujourd’hui, quelles options choisirais-tu ?
Au niveau look, j’irais peut-être sur Apivia, il me plaît bien, mais ce n’est qu’un sentiment. Aujourd’hui, on ne peut avoir que des sentiments, parce qu’on ne les a pas encore vus naviguer tous ensemble. Ce que l’on constate de l’extérieur, c’est que pour l’instant, Charal survole les débats, qu’il y a ceux qui volent haut, mais plus tu es haut, plus tu te fais mal quand tu te casses la gueule. Et il y en a qui sont moins haut, donc vont moins vite dans certaines conditions, il va y avoir un compromis à trouver avec le temps. Il ne faut pas oublier que, pour l’instant, ce sont des bateaux qui n’ont été menés qu’en équipage ou en double, ça sera une autre paire de manches en solitaire sur le Vendée Globe. Dormir à deux mètres au-dessus de l’eau sur un foil sous pilote, il faudra y aller ! A un moment, l’être humain est quand même la limite. On est certes très perfectible, mais quand les choses vont plus vite que la réaction de l’homme, ça devient compliqué. Ce qui était le cas à une époque en Orma où le temps de réaction du skipper était supérieur à celui du bateau, donc à partir de ce moment-là, tu es en danger et c’est là qu’intervient la peur, quand la machine dépasse l’homme. Maintenant, aujourd’hui, on ne peut pas ne pas aller dans cette direction, mais je pense qu’après le prochain Vendée Globe, on pourra tirer beaucoup d’enseignements et les bateaux du Vendée Globe 2024 seront peut-être complètement différents.

Parlons maintenant de ton projet de Vendée Globe 2020 : où en es-tu concrètement ?
Concrètement, je cherche un partenaire, parce que le bateau s’appelle Corum jusqu’à la fin de l’année, mais il n’a pas de nom pour l’année prochaine sur le Vendée Globe et pour l’instant, on n’a rien. La famille Ibis pourrait être partenaire avec nous, mais ça ne suffira pas, il nous faut un partenaire-titre, car on ne veut pas non plus faire les choses n’importe comment.

Sur quel budget mises-tu ?
Ça dépend de ce qu’on fera dans le programme, mais si on ne fait que le Vendée Globe, ça se joue sur un budget de 850 000 euros par an sur deux ans, donc 1,7 million. Pour l’année, prochaine, je n’ai pas prévu de faire The Transat ni la New York Vendée, parce que notre situation aujourd’hui, c’est qu’on a un bateau et qu’on est qualifiés, on a donc tout pour plaire, et notre objectif est à la fois de satisfaire notre partenaire et d’optimiser au maximum le bateau pour faire la meilleure performance possible.

Si je te demande de vendre Jean Le Cam à un éventuel partenaire, que lui dirais-tu ?
Je dirais que les atouts de Jean le Cam, c’est qu’il a un bateau fiable, donc qu’il a plus de chances d’arriver et de faire parler du projet, qu’il n’est pas dans les derniers en termes de notoriété et qu’il a un projet très abordable, ce qui induit un investissement et un niveau de risques moindres.

Si tu trouves les sous, ce sera ta cinquième participation consécutive au Vendée Globe, tu ne t’en lasses pas ?
Non, je trouve que le Vendée, ce sont de super projets, à chaque fois différents, des belles aventures, une belle compétition, ça continue à me faire vibrer et tous mes Vendée Globe, je les ai vécus avec la même intensité. Le dernier, ça a quand même été un score à tous les niveaux, entre la complexité pour monter le dossier, les relations humaines très fortes que nous avons nouées et le résultat [sixième place]. C’est aussi pour ce côté relations humaines que j’y retourne.

Pour finir, où en est le projet Finistère Mer Vent que tu as initié il y a deux ans avec le Crédit Agricole du Finistère ?
Il avance bien. Le bâtiment de bureaux et de salles de réunion va être livré au printemps prochain à Port-la-Forêt, c’est un projet de développement économique tourné autour des activités maritimes, ancré dans le territoire, qui s’adresse aux personnes et aux entreprises qui veulent se construire un réseau, travailler ensemble, échanger leurs savoir-faire. Je reste impliqué dans ce projet, car j’en ai été à l’initiative avec l’ancien directeur du Crédit Agricole, mais ce n’est pas mon métier, ma priorité aujourd’hui, c’est le Vendée Globe.

Photo : Corum L’Epargne

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Mon moteur c’est les autres !

Il est né à Saint-Malo il y a 33 ans. Maxime Sorel, le skipper du monocoque de 60 pieds V and B – Mayenne sera au départ de la Transat Jacques Vabre le 27 octobre avec Guillaume Le Brec. Le parrain national de l’association « Vaincre la Mucoviscidose », qui ambitionne le Vendée Globe 2020 – 2021, a un parcours atypique. Zoom…

« J’ai passé toute mon enfance à Cancale non loin de Saint-Malo avec mes parents, ma petite sœur Charline et mon grand frère Jérémy » raconte Maxime. « J’étais une vraie pile électrique, je ne m’arrêtais jamais. J’étais toujours dehors à construire des cabanes, jamais vraiment à l’intérieur devant des jeux vidéos. Très jeune, j’étais adepte du skim board, des sports de plage, de surf et de skate. » Voilà des débuts paisibles pour la petite tête blonde aux yeux rieurs. « Je n’étais pas très, très brillant à l’école. J’étais un élève moyen. J’étais content quand la sonnerie de la récréation retentissait. Je n’étais pas le dernier à faire des conneries mais je m’en sortais toujours. » En CE2, les parents divorcent. Maxime reste à Cancale avec sa mère. Le début du collège est difficile.

Etre ou ne pas être

Il décide alors intentionnellement d’aller vivre avec son père, directeur de centres de formation professionnelle du groupe Forget. A Rennes, l’adolescent pourtant si extraverti change radicalement de comportement. « J’ai voulu me fondre dans un nouvel univers sans faire de vagues, en étant le plus discret possible. Je n’étais plus le perturbateur et j’avais du coup de bonnes notes. »
Durant cette période et avant, Maxime découvre la voile à travers l’école de voile de Port-Mer près de Cancale, Optimist, Topper, Laser, Hobie Cat… « J’avais intégré un pôle de compétition. Je me défendais au niveau départemental. Nous n’avions pas assez de moyens pour nous déplacer au niveau national mais j’aimais ça. La contrainte du bateau à voile me plaisait, ne pas marcher face au vent a aiguisé mon appétit… ». BEPC en poche, Max enchaîne au lycée Saint-Martin de Rennes. « A cette époque, je retrouve un peu mes marques et je suis à nouveau moi !! Je profite un peu plus de Rennes avec mon frère qui est plus grand. Je réussis mon bac S. Je bossais l’été dans l’ostréiculture et les travaux publics. Cela m’a donné des idées et j’intègre un IUT génie civil à Saint-Nazaire. »

Génie civil

A Pornichet, le cadet des Sorel navigue un peu en J24 et en Class8 et étudie beaucoup. La suite de ses études se déroulent à Lorient à l’école nationale supérieure d’ingénieur de Bretagne Sud. « Je me prends au jeu. J’alterne 6 mois à l’école et 6 mois en entreprise. J’aime la pratique. Je navigue encore avec la découverte du Tour de France à la voile en Mumm30. Je pars pour ma troisième année au Québec où je fais des recherches sur le béton par temps froid. En 2010, j’obtiens mon diplôme d’ingénieur. Très vite, je travaille chez ETPO, entreprise de travaux publics Ouest chez qui j’avais fait des stages. » Maxime est parachuté à Limay près de Mantes-la-Jolie et devient responsable des équipes d’une antenne qui compte 5 salariés. Il fait route aussi régulièrement pour Le Havre où il construit des digues et diligente des travaux maritimes. « C’était super. J’étais autonome. Je bossais sur plusieurs agences et mes dirigeants m’ont trouvé une nouvelle responsabilité au Havre.»

Le déclic « course au large »

Retour en arrière… En 2008, le père de Maxime, dans le cadre de ses fonctions, rencontre le marin costarmoricain Pascal Quintin. Ce dernier cherche un partenaire. Forget Formation adhère et l’entreprise devient sponsor de Pascal sur la Québec Saint-Malo. Maxime découvre alors réellement le grand large et le Multi50. « Je découvre la compétition à haut niveau dans une ambiance festive. Je participe avec Pascal à de nombreuses courses jusqu’en 2013. » La vie de Maxime s’accélère et le virus du large l’emporte. « Au boulot, j’avais des fournisseurs passionnés par mes épreuves véliques. C’est comme ça que l’idée d’une participation à la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2014 est venue. J’investis alors dans un Akilaria RC1. La mayonnaise prend. Au retour du Nautic 2013, nous nous arrêtons dans un V and B à Rennes. Le patron me donne le contact des dirigeants de la franchise. Quelques mois après, lors de la conférence de presse de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe à l’automne, V and B décide de m’accompagner. Nous nous retrouvons, V and B, mes partenaires – fournisseurs au départ de la course à Saint-Malo. C’était du grand délire. Tout le monde adhérait au projet. Il y avait un vrai engouement. On découvre à ce moment-là ce que la course au large peut apporter économiquement pour une entreprise. Je prends 3 mois de congés pour être prêt et je termine ma première transat en solo à la première place dans la catégorie « vintage ».

Victoire et Vendée Globe

Le retour au travail en janvier 2015 est un peu difficile. Maxime convainc V and B de l’aider à construire un nouveau Class40. Il quitte son job et fonde une société qui gère à la fois son projet de course au large mais qui continue à faire du consulting dans le domaine des travaux publics. En 2015, Maxime clôt la Transat Jacques Vabre à une belle deuxième place. En 2017, avec Antoine Carpentier, le marin cancalais la remporte, l’apothéose après avoir gagné durant l’été la Rolex Fastnet Race ! Le tandem réalise une compétition aboutie et c’est un duel mémorable en baie de tous les Saints contre Aymeric Chappellier et Arthur Le Vaillant qui tourne à l’avantage du voilier vert. En 2018, il abandonne hélas la Route du Rhum – Destination Guadeloupe mais une énorme communauté s’est créée autour des défis de Maxime. La suite est en train de s’écrire à bord d’un plus grand voilier, un monocoque de 60 pieds de 2007, et avec pour ambition de tourner autour de la planète. « Je suis en train de m’accomplir. J’adore faire les choses par moi-même. Mon histoire avec V and B est extraordinaire et j’ai de plus en plus d’autres partenaires qui m’accompagnent dont la Mayenne qui nous a rejoint en juillet. Enfin, tout cela a du sens car je porte un message fort pour les patients atteints de la mucoviscidose. Mon voisin d’enfance, Alexandre, était et est toujours atteint de la muco. Il m’a ouvert à ses difficultés, il m’a ouvert à son monde et je suis particulièrement fier de soutenir et mener le combat pour vaincre la mucoviscidose auprès de l’association nationale, des patients et des familles. Mon moteur, c’est les autres. »

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