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L'actualité voile d'AGP Course au large

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Le Maxi Edmond de Rothschild vainqueur de « Brest Atlantiques » !

C’est fait ! Après 28 jours 23 heures 24 minutes et 46 secondes de mer, Franck Cammas et Charles Caudrelier, accompagnés du media man Yann Riou, ont remporté « Brest Atlantiques » ce mercredi 4 décembre à 10h24’46”. Une première grande victoire au large pour le Maxi Edmond de Rothschild, qui aura parcouru un total de 17 084 milles, à 24.57 nœuds de vitesse moyenne réelle.

Partis le 5 novembre de Brest dans des conditions musclées, Franck Cammas et Charles Caudrelier ont retrouvé ce mercredi matin la cité du Ponant dans un « temps de demoiselle » (mer plate, légère brise d’est, soleil levant), franchissant en vainqueurs à 10h24’46”, après avoir enchaîné les virements de bord dans les dernières heures de course, la ligne d’arrivée de « Brest Atlantiques » au bout exactement de 28 jours 23 heures 24 minutes et 46 secondes de mer.

Arrivés à la barre du Maxi Edmond de Rothschild fin avril dernier, les deux skippers, déjà vainqueurs au mois d’août du Fastnet, course qui leur avait permis de prendre confiance en leurs capacités à mener ce trimaran Ultim volant, s’offrent ainsi une grande victoire de prestige sur une épreuve au long cours, qui, par son format, sa durée et son parcours, avait tout d’un grand saut dans l’inconnu, pour eux et pour leurs camarades de jeu.

A l’arrivée, cette victoire est incontestable : après avoir pris les commandes de la course dès la deuxième nuit de mer en empannant les premiers le long des côtes marocaines, Franck Cammas et Charles Caudrelier les ont gardées jusqu’à leur arrêt technique le 12 novembre à Salvador de Bahia – un arrêt qui aura duré 13 heures et 40 minutes, le temps qu’une petite équipe dépêchée par le Gitana Team procède à la réparation du plan porteur de la dérive abîmé juste avant le Cap Vert. Ils n’auront alors mis que deux jours pour repasser en tête, le 14 novembre à 20h au large de Rio, une première place qu’ils n’ont depuis plus lâchée. Soit environ 25 jours passés aux avant-postes sur presque 29 au total!

La recette de ce succès ? Un bateau, mis à l’eau le 17 juillet 2017, qui, après plus de deux ans de mise au point (deuxième de la Transat Jacques Vabre en 2017, abandon sur la Route du Rhum en novembre 2018 après la perte de l’avant du flotteur tribord), fait aujourd’hui figure d’étalon pour la flotte des « Ultim », le premier conçu spécifiquement pour voler au large (par l’architecte Guillaume Verdier et le bureau d’études du Gitana Team sous la responsabilité de Pierre Tissier) ; et deux marins, Franck Cammas et Charles Caudrelier (secondés à terre par leur routeur Marcel Van Triest), qui, à respectivement 46 et 45 ans, ont su rapidement trouver les manettes de leur machine, grâce à leur expérience du trimaran au large et à leur talent (le premier a été élu Marin de l’année en 2012 et 2013, le second en 2018).

En plus de leurs victoires sur une coque (Solitaire du Figaro une fois chacun, Volvo Ocean Race ensemble en 2012 sur Groupama 4, en tant que skipper de Dongfeng Race Team en 2018 pour Charles Caudrelier), ils ont en effet beaucoup navigué et gagné sur trois coques avant d’intégrer en avril dernier l’écurie de course au large créée par Ariane et Benjamin de Rothschild en 2000 : Franck Cammas en Orma (il compte trois victoires sur la Transat Jacques Vabre dans les années 2000) puis sur le maxi Groupama 3 (Trophée Jules Verne en équipage puis Route du Rhum en solitaire la même année, en 2010), Charles Caudrelier en MOD70 (succès sur la Transat Jacques Vabre en 2013, déjà sous les couleurs du Gitana Team).

Cette expérience et leur bonne entente à bord leur ont permis de souvent mener au maximum de son potentiel le Maxi Edmond de Rothschild tout au long des 17 000 milles effectivement parcourus (la route directe est de 13 752 milles), avec une moyenne impressionnante de 24.8 nœuds (meilleure journée le 18 novembre avec 741 milles en 24 heures, à 30.9 nœuds de moyenne), ce qui faisait dire à Franck Cammas mardi, au moment d’être survolé par un avion de la Marine Nationale : « Les océans rapetissent avec ce genre de bateau, cette course a été un bon test pour l’éprouver, on a vu ce qui pouvait casser, ce qui était fatigué et les choses à améliorer, c’était vraiment une course intéressante pour préparer les tours du monde ». Des tours du monde qui sont effectivement les futurs horizons du Maxi Edmond de Rothschild et des trimarans de la classe Ultim 32/23…

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Avantage Melleby / Revkin

On ne pouvait rêver mieux pour ce premier jour des Qualifications de cette 7e édition des SSL Finals avec des conditions idéales rencontrées sur le plan d’eau de Nassau. Soleil et brise de NO très oscillante étaient au rendez-vous en baie de Montagu pour les 23 équipages, représentant 22 nations.
Les habitués du Star ainsi que de très nombreux Champions Olympiques et Champions du Monde de Séries représentatives de la voile se sont affrontés sur deux manches.

Lors du départ de la première manche, une grosse bascule de vent sur la gauche a obligé tous les concurrents à virer rapidement. Si George Szabo, vainqueur des SSL Finals 2015, et son équipier Edoardo Natucci ont pris le meilleur départ, c’est bien le duo germano-italien Diego Negri/Frithjof Kleen qui a rapidement pris les commandes avec leur option à droite du plan d’eau. Vainqueur des SSL Finals en 2017, Kleen connaît parfaitement le plan d’eau compliqué de Nassau. Et c’est avec plusieurs longueurs d’avance qu’ils enroulent la bouée au vent. Ils ne seront plus jamais inquiétés de toute la manche et ouvrent le compteur des précieuses victoires.

« C’était génial. Nous avons bien anticipé avec toutes ces variations de vent, » commente Bruno Negri. « Même si le vent s’est essoufflé sur le dernier portant, nous avons gardé notre calme et nous avons contrôlé nos concurrents directs. La suite a été plus que facile. »

Mais le plus important à retenir pour cet équipage est le retour gagnant réalisé sur la seconde, et dernière manche, de la journée. Très mal positionnés au passage de la première bouée au vent, Negri/Kleen ont pris les bonnes options et sont 4e au second passage au vent. Ils franchissent la ligne finalement à la 6e place et sauvent de précieux points pour la suite de la semaine. Ils sont ce soir à la 2e place au classement général provisoire.

Après un premier rappel général, la seconde manche semblait promise au double Champion Olympique Iain Percy qui navigue ici avec le Suédois Anders Ekström. Partis à la bouée, leur option gauche se montre payante. Seuls Roberto Bermúdez de Castro et Miguel Fernandez Vasco, qui représentent pour la première fois l’Espagne dans des SSL Finals, réussissent à suivre, le temps d’un tour, le rythme imposé par Percy. Au passage de la dernière bouée au vent, c’est le duo Eivind Melleby / Josh Revkin, 2e de la première manche, qui reviennent dans le tableau arrière du double Médaillé Olympique. L’ultime portant de la journée s’annonce palpitant. C’est sans compter l’option à terre du Kiwi Hamish Pepper, avec Pedro Trouche le tenant du titre des SSL Finals, que personne n’attendait. Avec un courant plus faible et un meilleur angle par rapport au vent, Hamish s’offre le luxe de coiffer sur la ligne Percy.

« En général la première journée sert à trouver ses marques, » observe Iain Percy. « Je pense que nous n’avons pas assez su exploiter les oscillations du vent aujourd’hui. Il était important de réagir assez vite, car le vent était très oscillant. Je dois avouer que nous avons trouvé la vitesse au portant. Nous devons encore faire quelques réglages pour trouver celle au près. Il s’agit de quelques millimètres à peine. »

Hamish Pepper, le seul Néo-Zélandais présent à Nassau, était aux anges de son option osée, mais payante. « Pedro Trouche m’a proposé de continuer tout droit après la bouée. Une option que je prévoyais. Nous sommes donc allés confiants à terre où nous avons trouvé de la pression. Je suis désolé pour Iain Percy qui a mené la manche du début à l’avant-dernière seconde, mais parfois quand vous contrôlez la partie cela ne paye pas toujours. Cette victoire je la prends avec plaisir ! »

À l’issue de la journée, c’est le duo Melleby-Revkin qui prend l’avantage d’un point sur Negri-Kleen. « Prendre la tête dès la première journée ne signifie pas grand-chose, » admet Melleby. « Mais c’est agréable d’avoir la confirmation que vous êtes dans le bon paquet. Il ne reste plus qu’à entériner sur la semaine maintenant. Aujourd’hui, c’était très oscillant avec des variations de près de 30-40° de vent, parfois même 50°. Il fallait juste bien prendre le départ du bon côté de la ligne et d’être le premier à prendre la bonne oscillation pour prendre la tête. Plus c’est oscillant, plus j’adore ! »

L’autre belle performance de la journée est à mettre au compte du jeune Finlandais Oskari Muhonen qui navigue ici avec l’Ukrainien Vitalii Kushnir. Le double vainqueur de la Finn Silver Cup s’offre une très belle 3e place lors de la première manche face à tous les habitués de la Série.

« J’adore ces conditions de vents très oscillants, » raconte Muhonen. « Par manque d’entraînement, nous n’avons pas une vitesse exceptionnelle au portant, mais au près cela se passe très bien, tout comme nos choix tactiques. Notre équipage communique de mieux en mieux. Notre objectif principal était de rester dans les adonnantes. Je suis très heureux de cette première journée. »

La compétition se poursuit demain à partir de 11H avec quatre manches au programme du jour. Les Qualifications se disputent jusqu’à vendredi avant les Finales de samedi.

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Brest Atlantiques. Victoire du Maxi Edmond de Rothschild : « Le début d’une nouvelle ère! »

Brest Atlantiques. Victoire du Maxi Edmond de Rothschild : « Le début d’une nouvelle ère! »

Le Maxi Edmond de Rothschild a franchi la ligne d’arrivée de la première édition de la Brest Atlantiques ce mercredi à 10h24. Une belle victoire au terme d’une boucle de 17 083 milles (31 637 km) du nord au sud de l’Atlantique, Franck Cammas et Charles Caudrelier, accompagnés du mediaman Yann Riou, savourent cette victoire après 28 jours, 23 heures, 24 minutes et 46 secondes de mer. Au compteur, la vitesse moyenne depuis leur départ de Brest le 5 novembre dernier atteint les 24,57 nœuds. Au-delà de ces chiffres impressionnants, les deux skippers qui ont rejoint l’écurie de course fondée par Ariane et Benjamin de Rothschild il y a seulement sept mois, ont surtout su allier leurs forces et révéler la quintessence de ce bateau, conçu pour voler au large. Cette première confrontation sur ce format s’est aussi jouée sur la gestion de certaines avaries, sur des choix tactiques notamment lors des points de passage de Rio de Janeiro et Cape Town et, bien évidemment, sur une trajectoire météo dessinée avec une grande finesse en équipe avec leur routeur à terre Marcel van Triest.

Franck Cammas et Charles Caudrelier sont amis depuis leurs débuts en Figaro il y a 25 ans. Franck a une connaissance pointue des multicoques et notamment au large lui qui a pour mémoire battu en 2010 le Trophée Jules Verne en équipage puis la Route du Rhum en solitaire à bord du même maxi-trimaran long de 32 mètres. En monocoque, l’Aixois a aussi remporté la Volvo Ocean Race en équipage avec pour équipier un certain Charles Caudrelier. C’était en 2011-12 et, depuis cette date, Franck s’est consacré à d’autres exercices avec une préparation olympique et une campagne de coupe de l’America en tant que skipper. Charles lui est resté en monocoque, skippant un équipage sur la Volvo Ocean Race en 2014-15 puis en remportant l’édition 2017-18. Aujourd’hui ensemble aux commandes de bateau conçu par Guillaume Verdier avec le bureau d’études du Gitana Team, construit chez Multiplast à Vannes et mis à l’eau en juillet 2017, les deux hommes mesurent la chance de mener une telle machine avec le support d’une équipe experte qui travaille depuis trois ans à la mise au point de ce bateau pionnier dans le vol en haute mer.
BREST ATLANTIQUES – Quatre semaines pour une grande boucle
La Brest Atlantiques se termine ce matin pour le Maxi Edmond de Rothschild après un peu moins de 29 jours de mer et plus de 17 000 milles réellement parcourus sur la route. Le duo Franck Cammas / Charles Caudrelier, et leur mediaman Yann Riou, viennent de franchir la ligne ce mercredi matin à l’entrée de la Rade de Brest. L’occasion de revenir sur les quatre formidables semaines de course que viennent de nous faire vivre nos marins.

ACTE 1 – Le dimanche 3 novembre, date initiale du départ de la Brest Atlantiques, la première tempête automnale balaye les côtes bretonnes. Les quatre géants en lice et leur équipage doivent patienter 48h pour laisser passer le gros du mauvais temps. Mardi 5 novembre à 11h, la course s’élance en catimini de Brest. Pourtant, les conditions météos qui règnent sur la Chaussée de Sein resteront longtemps dans les mémoires : 30 nœuds et près de 5 mètres de creux. « Je n’ai pas vu une telle mer depuis le Pacifique Sud sur la Volvo Ocean Race, c’est impraticable. » Les premiers mots du large de Yann Riou, le mediaman du Maxi Edmond de Rothschild donne le ton.

Le golfe de Gascogne est avalé en quelques heures… Le soir même du départ, le cap Finisterre est déjà dans leur sillage ! En tête, François Gabart imprime son rythme. Deuxièmes, bien calés dans sa roue, Franck Cammas et Charles Caudrelier assument un départ prudent mais montrent aussi qu’il va falloir compter avec eux.

Le 7 novembre, au pointage de 4h, le Maxi Edmond de Rothschild passe à l’offensive. Premier à placer son empannage vers le Sud, le duo Cammas / Caudrelier prend la tête de la course. Vingt-quatre heures plus tard, de nuit, au passage des îles du Cap Vert, le Maxi Edmond de Rothschild percute un OFNI (Object Flottant Non Identifié) et endommage le plan porteur de sa dérive. Très vite, à Lorient, une opération commando s’organise pour qu’une équipe intervienne au plus vite de l’autre côté de l’Atlantique. Bahia, ville historique d’arrivée de la Transat Jacques Vabre et bien connue de l’équipe technique du Gitana Team, apparaît comme la meilleure option d’escale tant d’un point de vue météo que pour des aspects pratiques et logistiques. Bien que privé d’une partie de son potentiel, sans l’usage de sa fameuse « aile de raie », Gitana 17 reste aux commandes : trajectoire soignée notamment dans le Pot-au-Noir, engagement total des deux marins pour exploiter au mieux un flux pourtant léger et irrégulier en guise d’alizés. Dans le même temps, son concurrent le plus proche – Macif – annonce également connaître des difficultés suite lui aussi à un choc. De même que le Gitana Team, l’équipe de François Gabart envisage un stop mais à Rio pour réparer le safran central endommagé.
Le dimanche 10 novembre peu avant 15 heures, après 5 jours et 4 heures de course, le Maxi Edmond de Rothschild franchit l’équateur en un temps remarquable. La météo du moment ne permet pas de grandes options et c’est en file indienne que les quatre géants engagés débutent leur diagonale vers les côtes brésiliennes. L’escale technique de Gitana 17 au matin du 12 novembre va pourtant relancer la course !

Les chiffres
4 000 milles parcourus
Vitesse maximum : 34, 2 nœuds
5 jours en tête
Classement du Maxi Edmond de Rothschild, le mardi 12 novembre à 12h :
3e / MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD (Franck Cammas / Charles Caudrelier / Yann Riou)
167,9 milles du leader – En escale technique à Salvador de Bahia

ACTE 2 – Le mardi 12 novembre au petit matin, les guerriers de Cleon Peterson font leur entrée dans la Baie de Tous les Saints ! L’arrêt est nécessaire et parfaitement encadré par l’équipe technique sur place. « Nous avons pesé le pour et le contre avec Marcel van Triest ! Ce que nous coûte l’arrêt en termes de milles, ce qui reste à faire en longueur de course car nous avons seulement fait un quart du parcours, la météo à venir et bien sûr la sécurité. Après avoir regardé tout cela, on pense que le meilleur compromis c’est cet arrêt pour repartir avec un bateau à 100 % de son potentiel », détaillait le skipper Edmond de Rothschild.

Après seulement une douzaine d’heures à quai, Charles Caudrelier et Franck Cammas repartent en course. Redevenus chasseurs, ils sont alors troisièmes et ont concédé plus de 160 milles à leurs concurrents. C’est un moment difficile de la course pour les deux marins qui durant une semaine ont beaucoup donné pour être devant mais les deux hommes quittent Bahia remontés à fond et avec un Maxi à nouveau à son plein potentiel. L’équipe technique a en effet pu réparer le bas de dérive endommagé en remplaçant l’élévateur de l’appendice en un temps record.
L’élan retrouvé et l’euphorie du retour en course seront pourtant vite stoppés au large des côtes brésiliennes, où le duo Cammas / Caudrelier va devoir négocier une zone de transition sans vent plus longue que prévu. Au large de Porto Seguro, les deux marins voient impuissants leurs concurrents s’échapper et compteront dans la journée plus de 400 milles de retard ! Mais la voile est un sport de patience et à l’échelle de telles machines 400 milles ne représentent rien de rédhibitoire surtout quand un enchaînement de faits de course s’en mêle.

L’arrêt de Macif est annoncé depuis plusieurs jours mais alors que l’équipe pense en avoir pour 3-4 heures de stop à Rio de Janeiro pour remplacer son safran central ce sera finalement plus de 20 heures d’arrêt qu’observeront François Gabart et Gwenolé Gahinet. Dans le même temps, alors qu’il s’élance vers le sud-ouest avec une belle avance, Sodebo Ultim annonce « faire demi-tour pour préserver son bateau, alors qu’une forte dépression se creuse dans son sud. »
Alors que Gitana 17 a enroulé les Iles Cagarras en 3e position quelques heures plus tôt, on assiste à un véritable rassemblement général au pied du Corcovado, le Christ rédempteur qui domine la baie de Rio. Après 6 000 milles parcourus, la course est relancée et c’est en tête que le Maxi Edmond de Rothschild met le cap vers l’Afrique du Sud et le prochain point de passage de Cape Town dès le 14 novembre au soir. « Ce sont les circonstances de nos adversaires qui font que nous avons pu revenir en tête », notait Franck Cammas.

Les 3 200 milles entre le Brésil et l’Afrique du Sud promettaient en théorie de belles et rapides glissades au portant… mais la météo en a décidé autrement. Le duo d’Edmond de Rothschild, comme leurs trois concurrents, a dû composer avec un front secondaire échappé du continent sud-américain, plutôt hargneux, comme le confiait le marin aixois : « Nous avons 48h au près dans du vent et de la mer difficile, ce n’est pas génial ! Là, il n’y pas vraiment de fenêtre pour aller vite vers Cape Town. On subit ce vent de nord-est qui ne nous fait pas avancer très vite et surtout qui génère une mer de face fort désagréable pour les hommes et les bateaux. »

Mais c’est dans ces conditions difficiles et ventées que le Maxi Edmond de Rothschild va montrer tout son exceptionnel potentiel. Passant mieux dans la mer, grâce au vol, que ses poursuivants, le plan Verdier va pouvoir maintenir des vitesses moyennes élevées quand les autres n’auront d’autres choix que de temporiser.
Malheureusement pour les marins du Gitana Team, le scénario météo sur l’Atlantique Sud, avec un anticyclone de Sainte-Hélène positionné très sud et une zone d’exclusion des glaces assez hautes, ne leur permettra pas de s’échapper et de transformer réellement l’avantage que leur offre leur machine. En effet, au contournement des hautes pressions, quand Gitana 17 doit enchaîner les empannages dès son passage de Gough Island, ses poursuivants pourront réaliser une courbe relativement rectiligne et combler ainsi une grande partie de leur retard. Avant d’attaquer sa remontée vers Cape Town et de quitter les quarantièmes rugissants où elle évolue ces derniers jours, la flotte de la Brest Atlantiques se tient en moins de 300 milles !
À noter que le 18 novembre, Sodebo Ultim est victime d’une avarie majeure sur son flotteur tribord, suite à un choc avec un OFNI et l’arrache de son safran de flotteur. Thomas Coville et Jean-Luc Nélias, toujours en course, devront quoiqu’il arrive s’arrêter à Cape Town pour évaluer plus précisément les dégâts.

Les Chiffres
3 323,4 milles parcourus
Vitesse maximum : 36 nœuds
5 jours en tête
Classement du Maxi Edmond de Rothschild, le mardi 19 novembre à 12h :
1er / MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD (Franck Cammas / Charles Caudrelier / Yann Riou) – Distance au but : 6 452,5 milles – Vitesse moyennes sur les 24 dernières heures : 20,6 nœuds

ACTE 3 – Après cette série d’empannages engagée en bordure de la zone des glaces, Gitana 17 est le premier à amorcer le virage pour remonter vers l’Afrique du Sud où ils sont attendus dans la baie de Cape Town pour la deuxième marque de parcours. Les marins qui ont été déjà accueillis à plusieurs reprises sur la Volvo Ocean Race par ce paysage théâtral de Table Mountain sont, cette fois, arrivés au terme d’un bord mémorable à 40 nœuds sur mer plate et au coucher du soleil, époustouflant !

Pour valider ce second tronçon de la Brest Atlantiques, le Maxi Edmond de Rothschild doit enrouler Robben Island mais l’exercice n’est pas si simple car le vent est très instable, voire erratique. Un passage à nouveau magnifiquement orchestré par Marcel van Triest. Les hommes hument les odeurs de la terre et quittent les lumières de Cape Town en tête de la flotte. Macif qui pointe à 90 milles, effectue, lui, une courte escale technique et Actual Leader en profite pour se faufiler en seconde position. Sodebo qui a perdu dans un choc un bout du flotteur tribord en plein Atlantique Sud s’arrête également. Après investigations de l’équipe technique, le foil est aussi endommagé et l’abandon s’impose.
Les trimarans de la Brest Atlantiques se retrouvent alors à trois en course au moment où s’amorce le dernier acte qui commence par une navigation dans une zone magnifique et méconnue des coureurs au large le long des côtes Namibiennes. « C’est sympa, tu commences à rechercher des stations météo en Namibie pour décrypter les effets de sites, » explique Marcel van Triest. La navigation côtière est néanmoins stressante pour les hommes avec la présence de nombreuses baleines, de bancs de poissons de toutes sortes et de plusieurs dizaines d’embarcations de pêche. Une nuit, l’équipage de Gitana 17 a une grosse frayeur en traversant un banc de poissons. Des instants douloureux où ils ont bien cru en avoir terminé avec la Brest Atlantiques… mais le bateau va bien et le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène peut continuer.
Ce dernier est retourné à sa place habituelle ce qui oblige le Maxi Edmond de Rothschild à exploiter un couloir de vent le long de l’Afrique afin d’aller chercher la bordure Nord de la zone de haute pression dans un alizé toujours très faible. Les heures s’allongent… alors que Macif se décale dans l’Ouest en partant à 90 de la route directe. « Une option que nous n’avons jamais considérée pour nous, » précise le routeur du Gitana Team. À bord, les marins prennent soin du bateau qui garde encore les stigmates de la traversée musclée de l’Atlantique Sud, chacun bricole pour permettre à la machine d’attaquer le finish dans le meilleur état possible.

Les Chiffres :
3 097,8 milles parcourus
Vitesse maximum : 33,7 nœuds
7 jours en tête
Classement du Maxi Edmond de Rothschild, le mardi 26 novembre à 12h :
1er / MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD (Franck Cammas / Charles Caudrelier / Yann Riou) – Distance au but : 3 328,3 milles du leader – Vitesse moyennes sur les 24 dernières heures : 16,7 nœuds

ACTE 4 – Sur la quatrième et dernière semaine de course, Marcel Van Triest travaille avec l’équipage afin de viser la meilleure trajectoire pour la remontée de l’Atlantique Nord. Le Pot-au-Noir est de retour devant les étraves et le routeur qui excelle dans sa connaissance de la zone, a une stratégie bien précise. Le Maxi Edmond de Rothschild commence par traverser l’Atlantique Sud, d’est en ouest, faisant cap vers le Brésil… plutôt que vers l’Europe. Les marins visent en réalité un point de passage du « Pot » par le 23e degré Ouest, ce qui est très Est par rapport à un passage – classique – qui se situe plutôt entre le 28e et le 30e. Actual Leader est alors à 350 milles dans le sillage et Macif qui s’est décalé encore beaucoup plus vers le Brésil, pointe à 800 milles. « Ce passage par 23e degrés Ouest nous permet alors d’avoir un très bon angle pour la section entre l’équateur et le Cap Vert », explique le routeur.
Le Pot-au-Noir est traversé facilement et la remontée se fait alors sur un seul bord. Gitana 17 progresse à des vitesses de 20 à 25 nœuds – seulement – mais creuse inlassablement son avance. Au passage des Açores, la trajectoire idéale emmène les marins à traverser au cœur de l’archipel, dans l’est de la Terceira. L’objectif est de se placer à l’avant d’un front qui permet enfin à l’équipage d’accélérer vers Brest. Les deux poursuivants réaliseront eux le grand tour de l’Anticyclone des Açores, au contact l’un de l’autre, mais dans un système météo totalement différent de celui du leader qui bouclera le parcours avec une avance qui est ce matin de 1 800 milles.
« Ce matin, j’ai enfilé mon ciré pour la première fois depuis Cape Town. C’est aussi la première fois depuis les latitudes sud que l’on navigue dans une dépression, enfin en avant d’un front. On a beaucoup tourné autour des anticyclones ces derniers temps… On a passé les Açores en fin de nuit. Il ne fait pas encore trop froid mais on sent que l’on entre dans l’hiver européen. La mer n’est pas très bonne depuis notre passage des Açores. On ne va pas attaquer, non seulement car on souhaite préserver le bateau mais surtout car nous avons désormais une avance très confortable sur nos poursuivants pour nous permettre cela », déclarait Charles Caudrelier.

« Quand t’arrives à mettre un anticyclone entre toi et tes concurrents après quelques passages à niveau et plusieurs coups d’accordéon c’est pas mal », confiait quant à lui Marcel van Triest à quelques heures de franchir la ligne d’arrivée.

Les Chiffres
3 017, 4 milles parcourus
Vitesse maximum : 33,5 nœuds
7 jours en tête
Classement du Maxi Edmond de Rothschild, le mardi 3 décembre à 12h :
1er / MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD (Franck Cammas / Charles Caudrelier / Yann Riou) – Distance au but : 337,3 milles du leader – Vitesse moyennes sur les 24 dernières heures : 30,4 nœuds

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Top départ de Spindrift 2, le Trophée Jules Verne a commencé mardi 3 décembre à 20h 55' 54" TU

Spindrift 2 a franchi la ligne de départ du Trophée Jules Verne ce mardi 3 décembre à 20h 55' 54" TU (21H 55' 54" heure française) pour 21 600 milles autour du monde. Objectif : améliorer le record de 40 jours 23 heures 30 minutes et 30 secondes en arrivant le 13 janvier 2020 avant 20h 27' 25" TU.


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Crédit : Ch Schmid

Les douze hommes se sont élancés devant le phare du Créac’h (Ouessant) ce mardi 3 décembre à 20h 55' 54" TU (21H 55' 54" heure française) dans une brise de secteur Est très modérée (15 nœuds). Ce vent de travers sur une mer apaisée change des conditions musclées habituelles pour un départ autour du monde, mais en approche des côtes espagnoles, Yann Guichard et son équipage devraient bénéficier d’un flux plus consistant tournant progressivement au secteur Nord puis se renforçant jusqu’à 25-30 nœuds avec rafales, le long des rivages portugais.

Logiquement, Spindrift 2 devrait rapidement rattraper son retard accumulé lors des premiers bords dans le golfe de Gascogne et atteindre au bout d’un peu plus de cinq jours, l’équateur. C’est dans l’hémisphère Sud que l’équipage pourra filer assez directement vers l’Afrique du Sud dans l’idée de franchir la longitude du cap de Bonne-Espérance en moins de treize jours. A l’entrée de l’océan Indien, le trimaran noir et or pourra ainsi confirmer son potentiel sur ce tour du monde de 21 600 milles en route directe.

Vous conseille : Spindrift 2 sur le départ, Yann Guichard et ses hommes ont largués les amarres ce mardi direction Ouessant - Images


Source : V Bouchet
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