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Armel Le Cléac’h : « Brest Atlantiques est une course très riche d’enseignements »

Après une fin d’année 2018 difficile, marquée par la perte de Banque Populaire IX sur la Route du Rhum, la saison 2019 aura été chargée pour Armel Le Cléac’h, entre circuits Figaro et Imoca, avec à la clé une 10e place sur la Solitaire et une 6e sur la Transat Jacques Vabre avec Clarisse Crémer. Sans oublier les réflexions avec le Team Banque Populaire sur le futur Ultim (attendu au premier trimestre 2021), alimentées en ce moment par Brest Atlantiques. Autant de sujets que le Saint-Politain évoque pour Tip & Shaft.

Tu faisais ton retour cette année en Figaro, pour une 10e place sur la Solitaire, quel  bilan fais-tu de ta saison ?
Il est satisfaisant. C’est vrai que cette 10e place sur la Solitaire n’était pas forcément celle que j’espérais, mais avec l’arrivée du nouveau bateau, je savais qu’il y avait pas mal d’incertitudes et le scénario aura été assez atypique. Après, ce n’est pas non plus une mauvaise place, j’ai laissé quelques anciens, qui revenaient aussi, derrière moi ! Quand on a pris la décision de revenir en Figaro, je m’étais donné deux saisons pour essayer de gagner une grande course du circuit Figaro, ça va être mon objectif l’année prochaine, avec la Transat AG2R et la Solitaire. Je pense qu’il fallait être présent sur cette première saison, ça va me permettre de travailler davantage sur des détails cet hiver.

Quel profil de co-skipper recherches-tu sur la Transat AG2R LA Mondiale ?
Je suis en cours de discussion avec deux-trois marins, je n’ai pas encore décidé. Le profil, c’est d’abord quelqu’un avec qui je sais que je vais bien m’entendre, ensuite un bon barreur de portant. A cette allure, le bateau atteint des vitesses moyennes de 13-14 nœuds et des pointes à 20 nœuds, et il est très humide dans ces conditions. ll me faut donc quelqu’un capable d’enchaîner des quarts de nuit de deux heures à la barre dans 25-30 nœuds au portant. Et qui partage mon objectif d’aller chercher une troisième victoire pour moi !

Après le Figaro, tu es passé à l’Imoca dans un rôle de « professeur » auprès de Clarisse Crémer, ça t’a plu ?
Je ne savais pas trop comment prendre les choses, c’était nouveau pour moi et, avec Clarisse, on ne se connaissait pas. Je suis passé assez directement à la prise en main du bateau, et sur le Fastnet, qui est arrivé vite, elle a pas mal subi, dans le sens où elle était plus une équipière qui exécutait ce que je lui demandais de faire. Mais, au fur et à mesure, elle a pris le bateau en main, elle a navigué un peu toute seule et quand on est arrivés au départ de la Jacques Vabre, je n’avais plus besoin de décortiquer précisément les manoeuvres. En course, je me suis occupé de la stratégie et de la météo, parce que je voulais avoir ce rôle et que l’objectif était qu’elle puisse à la fin de la transat avoir le mode d’emploi complet du bateau pour le ramener en solitaire sans incertitudes, ce qu’elle est en train de faire. Donc finalement, c’était un rôle assez sympa et j’y ai pris du plaisir.

Avec une sixième place sur la Transat Jacques Vabre, la première des bateaux à dérives, on a l’impression que tu maîtrises parfaitement le support ?
C’est vrai qu’on a plutôt bien performé. Je ne savais pas trop où on allait, je me demandais si on allait se faire laminer par les foilers, et finalement, avec une météo assez compliquée, on a réussi à tirer notre épingle du jeu, et je ne me suis pas ennuyé. C’est vrai que j’ai repris assez vite mes marques sur un Imoca qui ne ressemble pas aux usines à gaz que sont les nouveaux foilers. Au départ de la Jacques Vabre, un peu comme un instrument de musique, j’avais l’impression de connaître la partition un peu par cœur.

Pas de regrets de ne pas être au départ du Vendée Globe 2020 ?  ?
Non, pas de regrets. Cette parenthèse m’a plu, mais un Vendée Globe où on joue la gagne, c’est une autre histoire… Donc le Vendée est une page que, pour l’instant, j’ai mise de côté. On verra dans le futur, mais aujourd’hui, j’ai hâte de retrouver notre Ultim quand les premiers du Vendée Globe arriveront.

Que t’inspirent les nouveaux Imoca, dont le dernier, L’Occitane, a été présenté cette semaine par Armel Tripon ?
C’est super de voir différentes approches, ce qui n’était pas le cas sur les derniers Vendée Globe. Aujourd’hui, Charal a un petit cran d’avance sur la concurrence, mais Apivia est déjà dans le coup, Advens a été une bonne surprise sur la Jacques Vabre. Pour celui d’Armel, quand on voit ce qu’ont fait Ian Lipinski et Adrien Hardy sur la Jacques Vabre avec un bateau qui, dans l’esprit, lui ressemble un peu, on se dit que si, esthétiquement, il n’a pas les belles lignes d’autres Imoca, ça peut être performant, ce qui est la priorité. J’ai aussi hâte de voir le bateau de mon copain Nicolas (Troussel) qui a la même carène qu’Arkéa-Paprec, mais avec des évolutions et des foils différents.

Si tu devais en choisir un, lequel prendrais-tu ?
D’une façon générale, j’aime bien les bateaux assez polyvalents, donc ce serait un mix entre Charal, très à l’aise dans beaucoup de conditions, et Apivia pour son cockpit.

Que penses-tu de Hugo Boss et vois-tu Alex Thomson comme un potentiel vainqueur du Vendée Globe ?
Je pense que ce sera un des grands favoris du Vendée. Là, il n’a pas eu de chance, mais sur de courtes périodes, on a vu des moyennes et des pointes de vitesse importantes. Le bateau a du potentiel, il est assez similaire à Charal, même s’ils ont été plus extrêmes au niveau du cockpit et des foils, ça a toujours été leur marque de fabrique. Et je pense qu’ils ont une capacité à rebondir vite.

Passons à la la classe Ultim : même si Brest Atlantiques n’est pas encore terminé, quels enseignements en tires-tu à ce jour ?
Déjà, même si les bateaux ont quelques petits soucis, je trouve que, structurellement, ils ont vraiment tenu le choc – j’espère que ça va être le cas jusqu’à l’arrivée – et ça, c’était vraiment l’objectif après la Route du Rhum. En plus, ils ont eu des conditions difficiles, donc c’est rassurant dans l’objectif des tours du monde des années à venir. Côté performances, on a vu que les deux bateaux les plus en avance dans la préparation et la maîtrise du vol étaient au-dessus. Dommage que Sodebo ait abandonné, parce que dans les conditions de portant avec du vent un peu moins fort en Atlantique Sud, ils auraient pu tirer leur épingle du jeu. Mais le point positif, c’est que jusqu’à Bonne-Espérance, il y a eu du match, y compris avec Actual Leader. En tout cas, pour les équipes, c’est une course très riche d’enseignements pour la suite. On a par exemple eu une grosse réunion la semaine dernière pour essayer de trouver des solutions afin que les chocs avec des OFNI ne provoquent pas des dégâts aussi importants que ceux qu’on a vus.

Des solutions peuvent exister pour faire face à l’aléatoire de ces collisions ?
Il y a plusieurs choses. D’abord, peut-être que, parfois, ça a cassé un peu trop rapidement : certains bateaux n’ont pas eu ces soucis, est-ce parce qu’ils ont une autre approche sur la structure des appendices ? On se pose forcément des questions. C’est aussi le cas de nos anciens bateaux, Idec (ex Banque Populaire VII), qui a été jusqu’à l’île Maurice sans aucun souci d’appendice, mais aussi Spindrift (ex Banque Populaire V) l’an dernier, même s’il a abandonné à cause d’autres problèmes sur le Jules Verne. Ensuite, avec d’autres équipes, on travaille sur les systèmes de détection des OFNI, notamment la caméra Oscar, déjà en place sur pas mal de bateaux. Aujourd’hui, on est d’abord dans une phase d’enregistrement de données pour les aider à faire progresser le système ; on espère qu’à terme, ça pourra fonctionner. Il faut enfin se pencher sur les moyens de terminer une course en restant performant même quand on est handicapé, comme ça avait été le cas pour Alex Thomson sur le dernier Vendée Globe.

Si je te comprends bien, Brest Atlantiques va influencer certains choix sur Banque Populaire XI, en particulier sur les appendices ?
Tout à fait. Aujourd’hui, les plans d’appendices ne sont pas totalement validés, donc tout ce qu’on a pu voir sur la course, les avaries, les performances, les vidéos des drones, va nous servir, d’autant que jusque-là, on avait très peu d’informations extérieures, parce que les bateaux volants, c’est récent.

Le Maxi Edmond de Rothschild, c’est l’étalon de la flotte aujourd’hui ?
Oui, ils ont une capacité à voler et à aller vite à quasiment toutes les allures, c’est un bateau référence et c’est un modèle dont nous nous sommes inspirés pour le cahier des charges de Banque Populaire XI.

A quoi ressemblera Banque Populaire XI par rapport à son prédécesseur ?
Il ne sera pas radicalement différent ; dans l’esprit, les deux se ressembleront, nous n’avons pas fait un bateau complètement atypique, nous sommes par exemple restés classiques sur le cockpit, nous n’avons pas été dans la même philosophie que Sodebo. Mais nous avons beaucoup travaillé sur la partie aéro et sur les appendices qui sont aujourd’hui clairement les moteurs du bateau, donc je dirais qu’il sera un peu comme une nouvelle version d’iPhone : optimisée par rapport à la précédente !

Photo : Jean-Marie Liot/Alea/Transat Jacques Vabre

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